When Simon met Juju

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English follows, please scroll down for english text

Paris, Octobre 2010

Je suis dans un minuscule studio du quartier Montmartre. Je viens de terminer une session avec la mannequin anglaise Jasmine Poulton. Comme les tarifs journaliers des studios photos de Paris sont plus élevés qu’un paiement mensuel d’un grand appartement à Montréal, je tente de ne pas perdre de temps et je shoote jusqu’à épuisement afin de maximiser mon temps et mon argent. Je ne mange pas, je n’envoie pas de SMS, je ne fais rien d’autre que parler avec mes sujets et je shoote sans arrêt.
Le jour d’avant, j’ai eu une conversation téléphonique avec Anne Fohlen, Directrice du booking des mannequins femmes chez Nathalie, maintenant devenue Women Management en France. Elle m’avait écrit un mail au sujet d’une de ses futures top. Ces prédictions des agences sont plutôt rares mais arrivent parfois lorsqu’elles signent des nouveaux visages pour qui l’agence travaille avec grand soin afin de développer la carrière du modèle et d’en faire la mise en marché.
Elle m’a écrit, tel quel, avec les majuscules et en 16 points au lieu de 12.

JUJU

ELLE A FAIT L’EXCLU CELINE OUVERTURE ET FERMETURE C’EST NOTRE NOUVELLE FUTURE BOMBE

Il nous faut des killer photos comme tu sais si bien faire

Je t’envoie des polas

Appelle moi, Anne

 

Alors j’ai appelé Anne.
Anne Fohlen est une de mes parisiennes préférées.
Pourquoi? Parce que c’est une des premières booker (Employé de premier rang dans les agences de mannequins, ce sont les bookers qui sont responsables de faire la mise en marché des mannequins et de leur trouver du boulot, entre autres tâches) que j’ai rencontrée quand je suis déménagé à Paris en 2009. Je me souviendrai toujours d’elle quand elle tournait les pages de mon portfolio lors de notre première rencontre. Elle regardait mon travail avec soin, elle me posait des questions sur mon travail, mon expérience, ma relation avec mes sujets, sur mes aspirations, etc… Elle portait attention et cela me faisait chaud au coeur. Telle est la réputation des parisiens, ils ne sont pas les personnes les plus sympathiques au monde. Ils sont stressés, donc peuvent parfois sembler hautains, altiers, employant le sarcasme comme toile de fond d’une conversation aussi souvent qu’ils fument des clopes. Rares, voire nulles se présentent les occasions d’attirer l’attention d’un leader établi dans l’industrie de la mode à Paris, spécialement quand vous êtes un étranger, à moins que vous soyez déjà une superstar, et encore…
Avec Madame Fohlen, c’était différent. Elle était intéressée et je sentais que c’était sincère. Je me souviens de ses beaux grands yeux bleu saphir qui m’ensorcelaient, délicatement mis en lumière par l’immense fenêtre de l’agence autrefois située rue de Braque, dans le Marais. Sa voix rauque de fumeuse, à la fois sombre et réconfortante disant: «Wow, cette photo, ce n’est pas de la photographie de mode, c’est de l’art…» Pour en faire une histoire courte, j’avais quelques papillons dans le ventre et je sentais qu’il y aurait peut-être une infime possibilité pour moi d’avoir une microscopique, toute petite place pour faire quelque chose dans la Ville Lumière.
Le 2 octobre 2010, Anne me donne un court briefing au téléphone: «Simon, tu nous fais des killer shots de Juju. Cette fille elle est top. Tu la shootes comme si tu avais un diamant précieux devant toi…». C’est toute l’information que j’avais. Pas de demandes particulières, pas de moodboard (Dieu merci). La pression nécessaire requise pour me créer un peu d’insomnie la nuit venue. J’ai vu ses polas (photos numériques des mannequins ne posant pas, sans retouche, sans maquillage, en bikini, voir plus bas). Étendu dans mon lit, tentant en vain de trouver le sommeil, j’avais des images de Juju qui se dessinaient gentiment en moi, son maquillage, ses cheveux, ses looks vestimentaires, la composition des photos, ma lumière, l’ambiance générale des photos. Les 4 looks que je devais faire en 3 heures chrono, incluant maquillage et coiffure qui requiert environs 1h20, il me restait donc 1h40 pour créer les killer shots (Très peu de temps). Je me suis endormi après m’être retourné, changé de position et après avoir pensé à Juju pendant 2 heures.
Au réveil, j’ai arpenté les rues de Paris en prenant au passage, un express bien serré au tabac du coin et un croissant du boulanger, avenue Kléber, 16e arrondissement. J’ai pris le métro avec le bagage le plus incommodant au monde: mon sac photo de 45 livres sur mon dos (raison suspectée de mes torticolis quand je voyage), ma lourde trousse de maquillage et de coiffure et un sac géant bleu Ikea rempli à craquer d’accessoires, d’escarpins et de vêtements pour Juju. Petite anecdote, à chaque fois que je dis à quelqu’un que je vivais à Paris, on me répond souvent «Oh wow! C’est fantastique et tellement chic…». Eh bien, pas tellement, figurez-vous. Cela peut sembler très raffiné à première vue mais quand vous arrivez dans un pays étranger, seul, jeune et sans connaître qui que ce soit dans une industrie impénétrable, voire inaccessible, le défi est de taille. En effet, quand je suis arrivé à Paris, je venais de Montréal au Canada. Ma ville natale et ma ville de résidence. J’avais tout vendu ce que je possédais, ma voiture, mes meubles, ma vaisselle, mes accessoires de cuisine. Note: j’adore cuisiner, j’ai pratiquement la même quantité d’accessoires et d’outils de cuisine que Martha Stewart, enfin, presque. Elle m’inspire, je l’appelle parfois Tante Martha quand je parle d’elle.
De retour à Paris… Je réponds normalement que c’était une expérience en soi, pas facile, que cela m’a permis d’en apprendre davantage sur moi et sur mes limites. Les vrais mots qui seraient justes sont les suivants. Je venais de célébrer mes 30 ans seul à Paris, sans famille et sans amis (tout le monde est en vacances au mois d’août à Paris). Je voyais sur les réseaux sociaux que mes amis du Canada se mariaient, avaient des enfants, achetaient leur première maison et voyageaient. Au sommet de leur carrière.
Moi, j’avais faim. Je maigrissais à vue d’oeil (mon poids normal étant autour de 150 livres, en revenant de Paris après près de 2 ans, je pesais 128 livres.) J’étais à fleur de peau (lire: dépressif, en larmes, remettant en question toute mon existence et mes choix de vie), rejeté, regardé de haut, snobé, critiqué, ne me sentant pas le bienvenu et surtout, très pauvre. 

J’ai songé rentabiliser mes leçons de chant que j’avais suivies dans le passé en faisant les auditions pour chanter dans le métro de Paris quand j’en suis arrivé à un point où il ne me restait plus que 20 centimes dans mes poches. J’avais faim et tout ce que je pouvais me permettre ce jour-là était un sachet de 4 craquelins de type biscuits soda. Il s’agit d’une grande leçon d’humilité quand vous en arrivez là, ayez-en ma parole. Même si les années qui avaient précédé mon déplacement, j’avais travaillé et shooté avec plusieurs grandes célébrités de mon pays: Ginette Reno, Céline Dion, Karine Vanasse, Maxim Roy, Mitsou, Nanette Workman, Alex Kovalev, la famille Bronfman, entre autres. Cela ne voulait rien dire pour les français. Je devais tout recommencer, encore une fois. Vous trouvez toujours que c’est fantastique mon voyage à Paris? C’est la raison principale pour laquelle ce matin-là j’ai pris le métro avec tous mes bagages, parce que je n’avais pas les moyens de me payer un taxi.
À chaque fois que ma famille me demandait comment allaient les choses, je répondais «Super bien! C’est une ville très inspirante…». Je ne voulais pas les inquiéter. Ma mère insistait au téléphone: «Es-tu vraiment certain que tu manges bien?». Une mère ça sait tout. Même là, je lui répondais «Oui, oui, tout est beau, c’est super bon». À deux reprises, après des heures au téléphone avec ma soeur Stéphanie, lors d’un moment critique, je lui ai avoué que j’avais besoin d’aide pour payer mon loyer. Elle m’a alors transféré de l’argent dans mon compte bancaire. Je le lui ai remboursé durant les mois qui ont suivi, la suppliant ne ne pas en parler à nos parents.
De retour à l’histoire des deux photos ci-haut. Il était environs midi. Juju frappe à la porte du studio situé au 53 rue de Rochechouart, Paris 9ième. J’ai ouvert la porte avec un grand sourire, j’était content de la rencontrer. Elle souriait aussi. Nous sommes instantanément devenus amis. C’est particulier parce que dans mon travail, je rencontre beaucoup de gens chaque jour avec qui je m’entends très bien mais la réalité étant que nous ne savons jamais vraiment si nous nous reverrons un jour. Alors pendant que nous sommes ensemble, je privilégie et m’efforce de créer un moment mémorable. Nous sommes tous en freelance, éparpillés un peu partout dans le monde, pas tout à fait comme si vous dites bonsoir à un collègue un mardi sachant que vous le reverrez le lendemain matin, d’où les liens d’amitiés qui se créent parfois rapidement. La seule façon que nous gardons contact est sur les réseaux sociaux ou quand nous retravaillons ensemble. Autrement, quand mes amis me manquent, je fouille dans mes archives et je retravaille parfois certains ouvrages sur mes temps libres. Comme je pensais souvent à Juju, j’ai décidé de publier deux photos inédites de notre shoot. Ces photos sont le 3e look que nous avions fait. Nous étions heureux, inspirés, écoutant du Philip Glass, en buvant du café et en fumant des Marlboro Light avec un grand verre d’eau glacé.
En temps normal, quand je shoote des mannequins pour leur photos de promotion, les agences choisissent entre 8 et 10 photos qu’elles utiliseront au final, ce qui est beaucoup pour un seul shoot. Le lendemain, j’ai envoyé les photos à Anne. L’agence en a choisi 30 et je devais impérativement les livrer le jour d’après pour qu’ils puissent les utiliser pour la promotion de Juju pour la Haute Couture Parisienne et d’autres projets qui arrivaient à grands pas. Ce n’était pas le temps d’aller au lit. Perfectionniste de nature, j’ai travaillé toute la nuit à calibrer les couleurs et les noirs de mes photos pour m’assurer que j’étais sur le point de livrer un travail de qualité.

 

Deux semaines plus tard, Juju défilait pour Christian Dior Haute Couture, John Galliano, Elie Saab, Hervé Léger, Armani, Mugler, Donna Karan et pour toutes les plus grandes griffes de luxe de ce monde, pour ne pas les nommer, la liste serait trop exhaustive. En publicité, elle est ravissante dans les campagnes telles que Zara, SportMax, Max Mara, Chloé et plusieurs autres. On l’a vue en couverture du Vogue, Harper’s Bazaar, Allure, Numéro et des milliers d’autres éditoriaux tout aussi magnifiques les uns que les autres. La cerise sur le sundae, elle devient l’égérie du parfum Jeanne Lanvin Couture, de la maison française du même nom. Elle est également le visage de See by Chloé.
Juju Ivanyuk est une femme travaillante, très professionnelle, ponctuelle et probablement une des personnes les plus gentilles qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie. Elle mérite son succès. Ne voulant pas prendre de crédit pour sa réussite, je peux seulement dire que je suis fier de la voir où elle est aujourd’hui et également que les photos que nous avons faites ensemble aient porté fruits, qu’elles ont pu inspirer les plus grands noms de la beauté, de la mode et du luxe pour que Juju soit choisie pour représenter leur marque.
Je lui souhaite bonnement de continuer à inspirer les femmes du monde entier à prendre soin d’elles, à se vêtir élégamment. De même qu’à sublimer les collections des couturiers et de leurs équipes qui travaillent très fort pour livrer une collection à temps.
Égoïstement, je souhaite aussi recroiser le chemin de Juju pour papoter et créer, encore une fois des «killer shots».
Note à moi-même; Continuer de travailler fort et ne rien prendre pour acquis.
Bonne continuation, Juju Ivanyuk.
Simon xx
Juju Ivanyuk est une top-modèle d’origine Ukrainienne. Elle est représentée chez Marilyn à New York et à Paris, par Next à Milan et Los Angeles.
Simon Normand est un artiste visuel dont le médium est la photographie, il se spécialise en mode, beauté et en portraits de célébrités. Il est représenté par Lang Management Group à travers le Canada. Visitez le http://www.simonnormand.com pour un plus vaste aperçu de son travail. Il est également sur les médias sociaux sous le nom simonnormandstudio
Voir ci-bas pour en savoir plus sur Juju.

English text

Paris, October 2010

I am in a tiny photo studio in Montmartre arrondissement. I just finished a shoot with british model Jasmine Poulton. As the daily rates of the studios in Paris are more expensive than a monthly payment of a big flat in Montreal, I try not to waste time and I just shoot till I drop. I don’t eat, I don’t text, I do nothing but talk with the models and shoot non-stop.
The day before, I had a phone conversation with Ms Anne Fohlen, top booker at the former agency, Nathalie Models in Paris. She wrote me an e-mail regarding her future bomb (agency predictions on models who will make it big).
She wrote me, exactly like this, with the caps:

 

JUJU. SHE WALKED THE CELINE FASHION SHOW, EXCLUSIVE, OPENING AND CLOSING. SHE IS OUR FUTURE BOMB.

We need to have killer shots, as you always do. I send you polas.

Call me,  Anne

 

So I called Anne.
Anne Fohlen is one of my favorite parisian ladies.
Why? Because, she is one of the first booker that I have met when I moved to Paris in 2009. I will always remember her when she was flipping the pages of my book on our first meeting. She was paying attention to my photographs, she asked me some questions about my work, my experience, on my relation with the models, on my aspirations, etc… She was giving a damn and I appreciated it. As you may know the parisians, they are not the nicest people in the world. They are stressed, therefore, can seem snob, arrogant and they use sarcastic humor as much as they smoke cigarettes. Rare are the occasions where an established fashion industry leader can get your attention in Paris, unless you are already a superstar.
With Ms Fohlen, it was different. She was interested and I felt it was sincere. I recall her beautiful and hypnotizing blue eyes lit by the big tall window of the agency building located rue de Braque, in Le Marais. Her deep and warm smoker voice, dark yet comforting saying: that shot… «Wow… That’s not fashion photography… That is Art.» Long story short, I had butterflies in my stomach and I finally felt I may had a some kind of a tiny, microscopic place, somewhere in La Ville Lumière.
On October 2nd, 2010, Anne is briefing me over the phone «Simon, tu nous fais des killer shots de Juju. Cette fille elle est top. Tu la shootes comme si tu avais un diamant précieux devant toi…» translation: Simon, you do killer shots for us. That girl is top. You shoot her as if you had a precious diamond in front of you. That is all the information I had. No specific requests, no moodboard (thank god). Just enough pressure to have a hard time falling asleep that night. I saw her polas (digital photos of the models, with no make up, no retouching, in a bikini). Lying in my bed, trying to find sleep, I had visions of Juju, her makeup, her hair, her style, posing, compositions of my tomorrow’s test shoot, my light, the moods. The 4 looks I had to create in 3 hours chrono, including hair and makeup (a lot in such a short amount of time). I fell asleep, after two hours turning and thinking of Juju.
I woke up, grabbed an express bien serré (short espresso, very, very strong) and a croissant on my way to Montmartre. I took the metro with all of my bulky luggage: a 45 pounds camera backpack, my heavy makeup and hair case, a big blue Ikea bag full of clothes, high heels and accessories. Small anecdote, every time I tell people I was living in Paris they always say: «oh wow, that is so hot and glamorous…». Well not that much. It may seem sensational but when you arrive in a new country, by your self, young, knowing no one in the industry, it is very challenging. Indeed, when I arrived in Paris, I was coming from Montreal, my hometown. I had sold all of what I had; my car, my furniture, my dishes, and cooking accessories. Note: as I love cooking, I almost have the same amount of kitchen stuff than Martha Stewart, almost… She really inspires me, I even name her Auntie Martha when I talk about her.
So, back to Paris… I usually say it was tough, not easy when I was there. The real words to express how it really was are the following. I have just celebrated my 30th birthday alone, no family, no friends (everybody is on vacation in August in Paris). I saw most of my friends getting married, having kids, buying houses and travelling. At the top of their career. 
Me, I was starving, stuggling. I was loosing weight (My normal weight is around 150Lbs, after almost 2 years in Paris, my weight was 128Lbs. I was emotional (read depressed, crying, questioning my whole existence and my life choices), rejected, looked at from above, snobbed, criticized, unwelcomed and very poor.

 

To make profitable my voice lessons that I had a few years ago, I almost did the auditions to sing in the metro. When I arrived at a point that I had only 20 cents on me, I was hungry and all I could afford was a small bag of soda crackers. It is a big lesson of humility when you get there, believe me. Even if years before I moved to Paris, I had shot and worked with the top celebrities in my country: Ginette Reno, Celine Dion, Karine Vanasse, Maxim Roy, Mitsou, Nanette Workman, Alex Kovalev, the Bronfman family and many more. It didn’t mean a thing in France. I had to start over, from scratch. Still think it’s fabulous now ? That is the main reason why I was taking the train with all of my baggage that day, because I didn’t had the money to take a cab.
Every time my family was asking me how was things, I answered «Good, super inspiring city…» I didn’t wanted them to be worried about my situation. My mother was insisting «Are you really sure you eat well??» Mothers knows everything. Even there, I was answering «all good, the food is delicious». Only two times, after a long conversation with my sister Stephanie, in a critical moment, I told her I needed some money to pay my rent. So she transferred me some money in my bank account. I have repaid my loan a few months after, begging her not to talk about it to our parents.
Back to the story of the shots. It was around noon. Juju knocked on the door of the studio, at 53 rue de Rochechouart, Paris 9ième. I answered with a big smile, happy to meet her. She was smiling too. We instantly became friends. It’s funny because in my work, I meet a lot of people everyday but the thing is, I never know if I will ever see them again, so by the time we are together, I make sure we have a good time. We are all freelance, anywhere in the world, not really like if you say hi to your colleague on a Tuesday morning, knowing you will see him or her the day after. So the only way I see them, is either on the social medias or when I look in my archives. As I was missing Juju, I decided to post two shots that we never used before. These were from the third look we have done. We were happy, inspired, listening to some Philip Glass, drinking coffee and smoking cigarettes with a big glass of water.
Usually, when I shoot models for their book, the agencies are choosing between 8 and 10 photos. Which is a lot from a test shoot. The day after, I sent the shots to Anne. They chose 30 and I had to deliver them the day after, ready for their pitch for Paris Haute Couture and other upcoming projects. I had no time to sleep. I worked all night to calibrate the photos and make sure I was about to deliver quality stuff.

 

Two weeks after our shoot, Juju was walking for Christian Dior Haute Couture, John Galliano, Elie Saab, Hervé Leger, Armani, Mugler, Donna Karan and for all the most prestigious and famous brands in the world, not to name them, the list would be too long. In advertising, she is stunning in international ad campaigns such as Zara, SportMax, Max Mara, Chloé and many, many more. Vogue and Harper’s Bazaar Covers, Allure, Numéro Magazine and gazillions amazing editorials. The icing on the cake, she became the égérie for Lanvin’s «Jeanne Lanvin Couture» fragrance as well as the face for See by Chloé.
Juju is a hard worker, very professional, on time and perhaps one of the sweetest and kindest person I have ever met. She deserves it all. I sincerely do not want to take any credits for her success but I am very proud of where she is now and also that the photographs we have done together might have inspired some great names, beauty and fashion houses to choose her to represent their brand.
I truly wish her to keep inspiring women to take care of themselves and to dress elegantly and also to honour the talent of the fashion designers and all of their teams that work super hard to get a collection ready and sensational.
Selfishness, I also wish Juju and I will cross paths again to catch up and create, once again, «killer shots».
Note to my self: Keep working hard and never take anything for granted.
Keep it up, Juju Ivanyuk.
Simon xx
Juju Ivanyuk is represented by Marilyn in New York City and Paris, by Next in Milan and Los Angeles.
Simon Normand is a fashion, beauty and celebrity photographer, represented by Lang Management Group, visit http://www.simonnormand.com for more about the artist. He is also on the social medias under the name simonnormandstudio
See below for more about Juju.
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The polas Anne Fohlen sent me the day before the shoot with Juju. Classic example of polas.


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Juju walking for Christian Dior Haute Couture in Paris.



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Written in Montreal, by Simon Normand, February 17th, 2017
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